Combien de fois par jour les peintres se changent-ils et pourquoi ? Le chef de l’atelier de peinture nous explique tout.

Autrefois, les composants de nos stores étaient tous peints par d’autres sociétés qui travaillaient en sous-traitance mais nous n’étions pas satisfaits de la qualité. C’est pourquoi nous avons pris la décision d’installer notre propre atelier de peinture en poudre en 2014. Karel Ustohal, aujourd’hui chef de cet atelier, était déjà présent. Lisez cet article sur le fonctionnement de notre atelier de peinture en poudre et découvrez les gestes avec lesquels les peintres communiquent entre eux, pourquoi ce sont essentiellement des femmes qui contrôlent la qualité et combien de fois nos collaborateurs doivent changer de vêtements chaque jour.

Qu’est-ce qui a été le plus compliqué lors du lancement de l’atelier de peinture en 2014 ?

Nous avons rencontré de nombreuses difficultés au départ. Le pire était probablement toutes les petites impuretés qui venaient se déposer sur les pièces fraîchement peintes pour les rendre totalement inutilisables. En fait, cela était dû à la conception de la ligne de peinture. Nous avions besoin que l’ensemble de l’équipement se rode le plus rapidement possible pour que toutes les petites pièces et autres éléments se stabilisent parfaitement et qu’ils arrêtent de libérer de petites impuretés, de petits copeaux, de l’huile etc. 

Alors la seule chose à faire était d’attendre ?

Pas du tout. Nous faisions notre maximum pour supprimer toutes les impuretés. Nous n’arrêtions pas de nettoyer et de poncer les pièces. Heureusement, ça a fini par fonctionner.

En quoi peindre des composants de stores est-il un travail spécifique ? 

Ce qui est spécifique, c’est que nous avons différents types de produits et qu’ils présentent tous des formes spécifiques. Nous peignons les grandes surfaces des lambrequins, des profilés étroits et des profilés inférieurs, mais aussi des supports de profilés aux formes très complexes pour lesquels il est difficile d’appliquer la peinture jusqu’aux moindres recoins. C’est justement ajuster les processus à ces différentes formes de produit qui a été compliqué.

Six heures nous suffisent pour appliquer la peinture en poudre sur nos composants

Pourquoi avez-vous justement opté pour une peinture en poudre ?

Ce type de peinture nous permet d’atteindre les parties les plus difficilement accessibles des composants aux formes complexes. La peinture en poudre est de plus un mode d’application rapide et écologique. À la différence de l’application d’une peinture liquide classique, nous n’utilisons aucun diluant ou solvant, ce qui nous permet d’être plus respectueux de l’environnement. Et surtout, c’est une méthode extrêmement rapide. Nous pouvons ainsi peindre nos composants en seulement 6 heures alors que l’application d’une peinture classique prendrait beaucoup plus de temps.

Le mode d’application de la peinture pour lequel NEVA a opté est-il différent de celui utilisé dans d’autres entreprises ? 

Dans notre entreprise, tout commence au moment de la préparation des pièces. C’est vraiment une étape à laquelle nous portons une grande attention. Lorsque nous avons commencé notre activité de peinture, nous avons réalisé que de nombreux défauts ou rayures du matériau ne ressortent qu’après l’application de la peinture. Nous prenons donc maintenant le temps de bien brosser les matériaux avant d’y appliquer la peinture. Cela nous permet de bien éliminer toutes les impuretés, les rayures et petits coups. Les surfaces sont ainsi parfaitement lisses après application de la peinture. 

La peinture en poudre est également appelée thermolaquage. Chez NEVA, nous avons réellement pris le temps d’ajuster notre technologie jusqu’aux moindres détails.

Ce sont essentiellement des femmes qui contrôlent la qualité

Comment les opérations ont-elles précisément lieu dans la cabine de peinture ?

Nous peignons les composants de nos stores avec des pistolets spéciaux. La peinture en poudre s’y charge d’énergie électrostatique qui lui permette d’adhérer aux surfaces. Deux peintres sont toujours présents simultanément dans chaque cabine, chacun applique la peinture d’un côté de la pièce. Ils progressent très lentement, appliquant 5 ou 6 couches successives pour que l’épaisseur de peinture forme une couche suffisamment protectrice. Cette couche doit être homogène sur toute la surface.

Comment mesurez-vous l’épaisseur de peinture ?

L’expérience de nos peintres est essentielle, ils savent combien de peinture appliquer sur les matériaux. Lorsque la peinture a été polymérisée au four et que les composants ont refroidi, nous pouvons contrôler l’épaisseur de peinture à l’aide d’une jauge numérique. Nous prêtons aussi beaucoup d’attention à l’aspect visuel. Chaque pièce est contrôlée, nous vérifions que les angles et les recoins ne présentent pas une plus forte concentration de peinture et que le niveau de brillance est partout identique.

Chaque personne n’a-t-elle pas tendance à juger un peu différemment ?

C’est vrai que c’est assez individuel. Chaque personne a une perception différente des couleurs et de la lumière. C’est pourquoi ce sont essentiellement des femmes qui occupent les postes de contrôle. Elles ont une meilleure perception des couleurs et sont dans ce sens beaucoup plus strictes. Les femmes considèrent parfois comme inacceptables des pièces que nous, les hommes, accepterions. Cela nous permet de fixer notre standard qualité extrêmement haut.

S’il arrive que certaines pièces ne soient pas parfaitement peintes, elles ne sont pas utilisées dans les produits finaux. Les petits composants comme les profilés sont retirés de la fabrication et à nouveau coupés. Les capots de couverture sont poncés jusqu’à l’aluminium pour ensuite être à nouveau repeints.

L’opération de peinture est un travail difficile, tant physiquement que psychologiquement

Qu’est-ce qui est le plus difficile dans le travail de peintre ?

Cela demande certainement beaucoup de patience et de précision, un peintre doit être précis et il ne doit pas vouloir faire son travail en vitesse. Lorsque nous embauchons une nouvelle personne, cela lui demande parfois quatre à cinq mois avant d’être parfaitement formée et de pouvoir travailler seule. C’est un travail difficile physiquement et psychologiquement

Pourquoi donc ?

Les peintres travaillent enfermés dans la cabine de peinture où la chaleur et le bruit sont toujours présents. Ils doivent être concentrés sur leur travail mais ils portent des combinaisons et des masques complets de protection respiratoire qui ne leur permettent de parler que difficilement. Ils ont donc toute une gestuelle qui leur permet de communiquer sur les changements de teinte ou de pièces.

Avez-vous donc mis en place un langage gestuel précis ?

Nous n’avons pas un tableau de gestes précis mais chaque binôme a déjà mis en place ses propres signes de communication. Ils se font par exemple des clins d’œil ou des gestes de la tête.

L’atelier de peinture fonctionne en 2×8, c’est-à-dire 16 heures par jour. Les peintres peuvent quotidiennement y peindre les composants placés sur jusqu’à 60 balancelles de 6 mètres. Ils ne peuvent parler que très rarement, lorsqu’ils retirent leur masque, par exemple pour changer de teinte ou nettoyer.

Pour éviter tout risque d’explosion, nous nettoyons l’atelier de peinture plusieurs fois par jour

Les peintures ont-elles besoin d’un soin spécial ?

Nous avons installé un entrepôt spécialement réservé aux peintures en poudre. Il est par exemple important qu’elles ne soient pas exposées directement aux rayons du soleil, donc cet entrepôt n’a aucune fenêtre. Il est aussi important d’assurer une température et une humidité adaptées pour éviter qu’elles n’absorbent de l’humidité car cela les rendrait plus compliquées à appliquer. Les poudres sont transportées dans l’atelier de peinture une journée avant d’être utilisées, cela leur permet de s’adapter aux conditions ambiantes. 

Pourquoi le nettoyage et la propreté sont-ils si importants ?

L’une des raisons est la précision de couleur. Si nous ne nettoyons pas bien les restes de poudre, nous risquons de les mélanger avec la nouvelle couleur utilisée. Mais c’est aussi une question de sécurité. Si la peinture en poudre venait à s’accumuler sur une épaisseur de plus de 1 mm, il suffirait qu’elle se mette à tourbillonner pour qu’une explosion intervienne. Nous ne pouvons donc pas nous permettre d’avoir des dépôts de peinture dans notre atelier.

Un millimètre, c’est vraiment très peu. Y a-t-il déjà eu des explosions dans votre atelier ?

Heureusement non. Les cabines de peintures sont équipées de nombreux équipements qui permettent d’éviter une telle situation. L’ensemble de la cabine de peinture est aspiré avec des filtres et des cyclones qui évacuent immédiatement la peinture en excès. Il y a aussi des capteurs qui détectent immédiatement les inflammations ou les surpressions d’air et qui activent immédiatement le système d’extinction.

Après les opérations de peintures en elles-mêmes, les peintres disposent encore d’une heure totale pour nettoyer la cabine et ses environs. Et pour que les peintures en poudre soient encore plus faciles à supprimer, nous appliquons tous les deux mois un produit spécial sur les parois de la cabine. Celui-ci a des propriétés antistatiques qui repoussent la peinture.

Lorsque la peinture qui doit être utilisée est totalement différente de la précédente, nos peintures changent de combinaison

Comment changez-vous les peintures au cours de la journée ?

Nous commençons toujours par parfaitement nettoyer les peintures que nous avons utilisées auparavant : nous nettoyons les pinceaux et les tuyaux, l’ensemble de l’intérieur de la cabine mais aussi les espaces extérieurs. Nous utilisons tout d’abord de l’air comprimé, puis nous aspirons les restes de peinture et nous essuyons avec des chiffons humides. Nous mettons ensuite la nouvelle teinte dans le pistolet. Sans toutes ces étapes, les poudres se mélangeraient. Et si le changement de couleur est vraiment radical, par exemple du noir au blanc, les peintres changent même leurs combinaisons. 

Alors combien de fois par jour se changent-ils ?

Chaque peintre change généralement de combinaison deux fois par jour, une pour les teintes claires et la seconde pour les plus foncées. Il est donc important de bien planifier l’organisation de chaque journée. Nous essayons toujours de réunir les teintes semblables, nous regroupons les commandes pour réduire au maximum les changements de teinte. Nous passons ainsi progressivement des couleurs très foncées à celles beaucoup plus claires.

Les peintres peuvent ainsi utiliser jusqu’à 13 peintures en poudre par journée de travail. Lors de chaque changement de teinte, ils nettoient la cabine de peinture, l’espace autour et même leur propre combinaison avec un flux d’air pour éviter que des restes de peinture ne ressortent ensuite des plis de la combinaison.

Notre atelier de peinture est un peu comme un château, il fait très souvent l’objet de visites

Les clients visitent-ils parfois l’atelier de peinture ?

Nos partenaires visitent souvent nos locaux, nous leur faisons découvrir notre atelier de peinture et nous avons parfois l’impression que les visites guidées ressemblent à celles organisées dans les châteaux. La plupart des visiteurs s’attendent à découvrir des locaux sales et pleins d’humidité comme ceux qu’ils connaissent dans les ateliers de peinture classiques. Ici, c’est tout le contraire.

Quelles ont été les évolutions de l’atelier de peinture depuis l’année 2014 ? 

Nous prêtons beaucoup d’attention à l’environnement de travail et nous avons par exemple installé un système de ventilation supplémentaire qui évacue l’air chaud. Cela peut paraître anodin, mais l’été, la température dans l’atelier peut atteindre 35°C, alors gagner 3°C grâce à ce système est vraiment considérable et notre personnel en est très content. En ce qui concerne le processus de peinture, nous avons également modifié le four. Celui-ci avait initialement été créé pour deux balancelles. La circulation de l’air dans le four avait cependant tendance à mélanger les couleurs et nous avons donc décidé de modifier le four pour une seule balancelle. La cadence de la ligne en a été accrue. Mais ce n’est pas fini, nous réfléchissons constamment pour toujours améliorer notre atelier de peinture.


Karel Ustohal se consacre à la peinture depuis 16 ans. Il a étudié à la faculté de génie industriel de l’Université technique, puis il a travaillé dans un grand atelier de peinture industrielle à Brno. Il est arrivé dans la société NEVA en 2014 où il est depuis en charge de l’atelier de peinture et de son fonctionnement.


L´auteur

Marcela Nadymáčková

Marcela Nadymáčková est en charge de la logistique de l’atelier de peinture en poudre. Elle travaille chez NEVA depuis 2014 et est en charge de l’organisation des commandes externes, de la réception des commandes et de la planification du processus de peinture. Elle étudie parallèlement toujours à la Faculté de logistique et de gestion de crise TBU à Zlín.

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